« Deux femmes, Quatre hommes » : Un recueil de nouvelles auréolé de paix
Le recueil de nouvelles « Deux femmes, Quatre hommes », coordonné par Enock Guidjimè, est une œuvre littéraire collective qui explore les réalités béninoises et africaines contemporaines avec une profondeur et une intensité remarquables. Publié en novembre 2025 aux Éditions Béninlivres, cet ouvrage rassemble six auteurs qui, à travers des récits sobres et incisifs, donnent voix à des existences ordinaires confrontées à des situations de violence, d’injustice et de domination.
Les nouvelles qui composent ce recueil sont autant de fenêtres ouvertes sur les tensions profondes qui structurent le vivre-ensemble. De l’école à la famille, en passant par le couple et la politique, les auteurs explorent les dérives idéologiques, les rapports de pouvoir et les héritages culturels qui façonnent les trajectoires individuelles.
L’ouvrage s’ouvre sur « Ces sanglots sur le sol » de Charlemagne Gbonkè. Ce dernier met en scène un élève confronté à la violence scolaire et à l’indifférence des adultes. Anna Baï Dangnivo déplace ensuite le centre de gravité vers l’espace familial avec « Les tourments de Kouassi », une nouvelle qui interroge la reproduction des traumatismes d’une génération à l’autre. Le registre change avec « Le canari sacré » de Rabelais Kpechekou. Dans sa nouvelle, il convoque l’univers des croyances et du sacré. Enock Guidjimè investit l’espace conjugal et politique avec « Choix de Sophie », une nouvelle qui explore les rapports de pouvoir et les ambiguïtés du mariage. Axelle Adiho aborde, à son tour, avec retenue et intensité, la question du corps féminin et de la maternité avec « Rouge sang ». Le recueil s’achève sur « Le mal rattrapé » de Habib N’oueni. Cette nouvelle est une plongée dans les marges sombres de la société qui interroge les mécanismes de radicalisation et les rationalisations morales de la violence.
Par la diversité de ses voix et la gravité de ses thèmes, « Deux femmes, quatre hommes » s’impose comme un ouvrage exigeant, à la fois dérangeant et éclairant. Il invite à une lecture attentive des réalités sociales contemporaines et laisse une empreinte durable dans l’esprit du lecteur.
*Méchack AHOUANDJA*

