La soutenance de thèse de Djidéwou Paterne Tchaou s’est tenue le 10 février 2026 à l’Université d’Abomey-Calavi, au cours de laquelle le candidat a défendu avec brio un travail de 373 pages sur les représentations du corps dans les créations théâtrales au Bénin.
Devant un jury international, le chercheur a présenté la synthèse d’une recherche approfondie intitulée « Les représentations du corps dans les créations théâtrales au Bénin ». À travers cette étude, il interroge la place, la signification et les mutations du corps dans l’univers scénique béninois. Dirigée par le Professeur Pierre MÈDÉHOUÈGNON, la thèse a été examinée par un jury présidé par le Professeur Okri Pascal TOSSOU. Les Professeurs Vincent Adiaba KABLAN (Université Alassane Ouattara) et Kazaro TASSOU, ainsi que le Dr (MC) Fernand NOUWLIGBÈTO de l’Université d’Abomey-Calavi, ont également pris part à l’évaluation scientifique.
Au cœur de cette recherche figure une conviction forte : le corps, dans le théâtre béninois, ne se limite pas à un simple instrument de jeu. Il constitue un espace de mémoire, un vecteur de symboles et un lieu d’engagement esthétique et social.
L’étude met en lumière les différents aspects sous lesquels le corps apparaît dans les créations théâtrales nationales, tout en analysant l’évolution de son traitement sur les plans thématique et esthétique. Selon le postulant, les dramaturges et metteurs en scène béninois développent principalement deux types de représentations : d’une part, les représentations dites endoxales, ancrées dans la pudeur, la bienséance et les normes socioculturelles ; d’autre part, les représentations paradoxales, où le corps devient le théâtre de l’érotisme, de la sexualité ou encore de la violence, traduisant des tensions sociales et des dynamiques de rupture.
Des observations constructives du jury
À l’issue de la présentation, les membres du jury ont salué la profondeur de l’analyse et la solidité méthodologique du travail. Le Dr Fernand Nouwligbèto, qui a indiqué avoir lu plusieurs pièces du candidat, l’a encouragé à étendre l’analyse des représentations du corps à ses propres créations théâtrales, lesquelles s’inscrivent dans cette même dynamique.Le président du jury, le Professeur Okri Pascal Tossou, a, pour sa part, souligné la nécessité de proposer une historicisation plus poussée de la corpologie, présentée comme une propriété intellectuelle béninoise. Cette recommandation vise à renforcer l’ancrage local et l’originalité scientifique de l’approche méthodologique développée dans la thèse.
Malgré ces observations destinées à enrichir davantage la recherche, le jury a unanimement reconnu la qualité scientifique du travail. Au terme des délibérations, Djidéwou Paterne Tchaou a été déclaré Docteur en Lettres Modernes, spécialité Études théâtrales, avec la mention Très honorable, les félicitations du jury et une recommandation de publication. Une consécration académique qui ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche sur le théâtre béninois et sur la place centrale qu’y occupe le corps.
V.F

