À deux jours des élections communales et législatives du 11 janvier 2026, l’Imam Moutawakil Boukari Malik, président de l’Union des Imams de l’Atlantique, a livré un sermon fort et sans complaisance à la mosquée centrale Médine II d’Agori Plateau, à Abomey-Calavi. Devant une foule attentive, il a appelé candidats et électeurs à un comportement responsable, pacifique et moral, présentant le vote comme un acte sacré dont chacun devra répondre devant Allah.
C’est dans un contexte électoral marqué par l’intensification de la campagne que l’Imam Moutawakil Boukari Malik a choisi d’élever la voix. Lors du sermon de Djouman de ce vendredi 9 janvier 2026, prononcé à la mosquée centrale Médine II d’Agori Plateau, le guide spirituel a rappelé que les élections communales et législatives constituent un tournant majeur pour l’avenir du Bénin. S’appuyant sur plusieurs versets du Coran, notamment la sourate Al-Baqara (v. 283), il a insisté sur la dimension spirituelle du vote, qu’il assimile à une shahâda, un témoignage sacré qui ne doit ni être caché ni falsifié.
Le vote, un acte moral et religieux
Pour l’Imam Moutawakil Boukari, voter ne se limite pas à un simple geste civique. « Le musulman, seul dans l’isoloir mais observé par Allah, doit mesurer la portée de son choix », a-t-il martelé. Toute tentative de marchandage du vote à travers des dons matériels ou financiers est, selon lui, une trahison de la confiance divine et communautaire. Il a ainsi mis en garde contre la corruption électorale, le régionalisme et les choix basés sur des intérêts personnels, rappelant que désigner un dirigeant incompétent ou injuste engage la responsabilité collective devant Allah.
Dans un discours sans concession, l’Imam a interpellé les candidats, les exhortant à ne pas exploiter la misère des populations par des promesses irréalisables. « Ne gagnez pas un siège en perdant votre âme », a-t-il lancé, rappelant que tout pouvoir est un dépôt dont on devra répondre. Aux électeurs, il a adressé un message tout aussi ferme : vendre sa voix, c’est renoncer à son droit moral de se plaindre durant les années de mandat à venir. Selon lui, l’avenir d’un peuple peut être compromis lorsque la vérité est sacrifiée au profit du confort immédiat.
Au-delà des considérations spirituelles, l’Imam Moutawakil Boukari a lancé un appel solennel à la paix. Il a invité l’ensemble du peuple béninois à bannir les injures, la violence et les discours de haine, et à œuvrer pour des élections libres, transparentes et apaisées. Les acteurs politiques, les organisations de la société civile, les médias, les forces de sécurité, les leaders religieux ainsi que les institutions en charge du processus électoral, notamment la CENA et la Cour constitutionnelle, ont été appelés à jouer pleinement leur rôle avec responsabilité et probité. L’Imam a particulièrement interpellé la jeunesse béninoise, l’invitant à sortir massivement voter le dimanche 11 janvier 2026 dans l’ordre, la discipline et l’unité nationale. « L’enjeu, c’est le Bénin, notre cause commune », a-t-il rappelé, avant de formuler de ferventes invocations pour la paix, la lucidité des électeurs et la justice des dirigeants. À travers ce sermon, l’Imam Moutawakil Boukari inscrit le débat électoral dans une dimension éthique et spirituelle, rappelant que la démocratie ne peut prospérer durablement sans conscience, vérité et responsabilité.
Victorin Fassinou

