Recouvrement des avoirs illicites CiFAR renforce les capacités du personnel d’ALCRER

Du 2 au 6 mars 2026, deux responsables du Forum civil pour le recouvrement des avoirs (CiFAR, en anglais) ont séjourné à Cotonou. Pendant cinq jours, cette ONG, réputée dans la mobilisation de la société civile sur les questions de recouvrement des avoirs, a formé le personnel technique d’ALCRER sur les mécanismes de récupération des biens issus de la corruption et des flux financiers illicites, dans l’optique de promouvoir une gestion transparente et inclusive des ressources restituées.

La session de formation est une activité du projet de Renforcement de la société civile pour un recouvrement transparent et inclusif des avoirs en Afrique de l’Ouest (ReSoRT Bénin) financé par l’Union Européenne dans le cadre du projet SecFin Africa. Couvrant le Bénin, la Gambie et le Ghana, ce projet régional piloté par CiFAR et mis en œuvre au Bénin par ALCRER, vise à renforcer l’implication de la société civile dans les processus de recouvrement d’actifs en Afrique de l’Ouest. L’atelier poursuit plusieurs objectifs, notamment la compréhension des cadres de recouvrement des avoirs, l’analyse des flux financiers illicites, l’appropriation de l’outil d’évaluation de la politique commune africaine sur le recouvrement des avoirs (CAPAR en anglais) et la préparation des formateurs aux activités d’engagement civique prévues dans le projet.

Comprendre les mécanismes du recouvrement des avoirs

La première journée a permis d’introduire les participants aux concepts clés liés aux flux financiers illicites et au blanchiment d’argent, ainsi qu’aux cadres juridiques et institutionnels encadrant le recouvrement des avoirs aux niveaux international et national. Les discussions, conduites par Agatino Camarda et Clara Czuppon, respectivement directeur et chargée de projet à CiFAR, ont également porté sur l’état des lieux des dispositifs existants au Bénin et sur les défis liés à leur mise en œuvre. Sur ce point, les représentants de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), du Haut-Commissariat à la prévention de la corruption (HCPC) et de l’Agence nationale de recouvrement des avoirs confisqués et saisis (ANRACS) ont effectué des présentations sur le cadre juridique et institutionnel du Bénin. Ce qui a contribué à enrichir le débat.
Les travaux se sont poursuivis avec l’analyse d’exemples concrets et de bonnes pratiques observées dans la sous-région (Côte d’Ivoire, Guinée Equatoriale, Nigeria) voire au niveau international (Transparency France). Les participants se sont également approprié la méthodologie de l’outil d’évaluation de la politique commune de l’Union africaine sur le recouvrement des avoirs (CAPAR), destiné à évaluer les capacités des pays en matière de recouvrement d’avoirs, à travers notamment l’étude d’un cas pratique réalisé en Côte d’Ivoire. « Cette année, le Bénin sera évalué sur la base de cet outil qui permet de faire des propositions d’amélioration du cadre politique, juridique et des pratiques de recouvrement des avoirs au niveau national », souligne Gervais Loko, coordonnateur pays du projet. « C’est un exercice important pour permettre au pays d’aspirer aux standards internationaux et d’avoir les bonnes pratiques possibles en matière de recouvrements d’actifs », a ajouté Agatino Camarda, directeur et co-fondateur du CiFAR.

Sens d’ouverture des structures publiques

Au cœur des échanges figure également la contribution de la société civile dans la lutte contre les flux financiers illicites et la promotion de la transparence dans la gestion des avoirs récupérés. Les sessions ont abordé les stratégies de plaidoyer, le suivi citoyen des biens restitués et l’implication des communautés locales dans les processus de restitution.
Des exercices pratiques ont été effectués tout au long de la semaine pour préparer les participants à former d’autres acteurs au niveau communautaire. Les travaux ont porté notamment sur les méthodes d’apprentissage participatif, la cartographie des parties prenantes et l’identification des risques liés à la mise en œuvre des activités.
La dernière journée est consacrée aux aspects opérationnels du projet, notamment la gestion administrative et financière, le suivi-évaluation et les exigences de rapportage. L’objectif ici est de permettre à ALCRER de maîtriser les procédures nécessaires à la conduite efficace des activités prévues. « Nous avons beaucoup appris. L’enjeu maintenant, c’est de transformer ces connaissances en changements substantiels pour le suivi citoyen du recouvrement des avoirs », confie Victoire Tokpovi, chargée de la mise en œuvre des activités du projet.
Dans la journée du vendredi 06 mars, le personnel d’ALCRER chargé de la gestion du projet et les responsables du CiFAR ont été reçus en audience par les autorités compétentes de la question du recouvrement. Dans la matinée de ce vendredi, la délégation a été reçue par le directeur général d’ANRACS. Dans la soirée du vendredi, c’est le tour du président de la CENTIF, entouré de deux de ses cadres techniques, de les recevoir. Les responsables des deux structures ont salué l’engagement de la société civile sur la question et ont confié leur disponibilité à contribuer à l’appropriation sociale de la lutte contre les flux financiers illicites et des mécanismes de recouvrement des avoirs. « Nous avons été émerveillés par le sens d’ouverture des autorités que nous avons rencontrées aujourd’hui et nous avons hâte de travailler avec leurs structures pour que les organisations de la société civile contribuent davantage à la transparence, à la redevabilité publique et à la gestion responsable des avoirs recouvrés au Bénin et dans la sous-région ouest-africaine », a déclaré Sabin Hountada, directeur de l’administration et des finances de l’ONG ALCRER au sortir de l’audience accordée par la CENTIF.

V.F

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