Valeurs inversées et crise morale : Le sermon de l’Imam Moutawakil Boukari qui interpelle

À la Mosquée centrale Médine II d’Agori Plateau, à Abomey-Calavi, l’Imam Moutawakil Boukari a livré, vendredi 2 janvier 2026, un sermon à forte portée spirituelle et sociétale. Délaissant les vœux traditionnels de Nouvel An, il a alerté les fidèles sur l’inversion des valeurs, l’habituation à l’injustice et les signes précurseurs de la fitna du Dajjal.

À la Mosquée centrale Médine II d’Agori Plateau, dans la commune d’Abomey-Calavi, le sermon du vendredi 2 janvier 2026 a profondément marqué les esprits. L’Imam Moutawakil Boukari, dans un message empreint de gravité et de responsabilité spirituelle, a choisi de rompre avec les traditionnels vœux de début d’année pour interpeller les fidèles sur une réalité qu’il juge préoccupante : la crise morale mondiale et les signes annonciateurs de la fin des temps, à travers la fitna du Dajjal.
Dès l’entame de sa khutba, l’Imam a rappelé le caractère éphémère du temps et la responsabilité individuelle face à l’avenir. « Le jour qui passe est passé, l’heure qui sonne a sonné », a-t-il souligné, invitant les croyants à préparer les lendemains non par de simples souhaits, mais par des actes conformes aux prescriptions divines.
La fitna, une dérive progressive
Dans une démarche pédagogique, l’Imam Moutawakil Boukari a expliqué le sens du mot fitna, présenté comme une épreuve ou une tentation qui détourne l’être humain de la vérité, de la justice et de la droiture. Selon lui, la fitna du Dajjal ne surgit pas brutalement : elle s’installe progressivement, à travers l’acceptation silencieuse de l’injustice et la normalisation du mensonge.
« Le Dajjal n’apparaît jamais dans un monde sain. Il ne s’impose que lorsque les cœurs sont déjà affaiblis et les consciences endormies », a-t-il averti.
Il a ainsi dénoncé l’inversion des valeurs, lorsque le faux est présenté comme vrai, l’oppression légitimée et la souffrance des faibles justifiée par des discours officiels bien élaborés.
Une crise à portée mondiale
L’Imam a insisté sur la dimension globale de cette crise morale, évoquant un système mondial marqué par l’asservissement économique, la glorification du matérialisme et la marginalisation de la foi. Il a également rappelé la place particulière de Jérusalem dans les textes prophétiques, estimant que les injustices observées aujourd’hui constituent des signes spirituels forts, au-delà des simples lectures politiques.
Les moyens de protection du croyant
Face à cette situation, l’Imam Moutawakil Boukari a appelé les fidèles à la vigilance et à la préparation spirituelle. Il a cité comme remparts essentiels la science authentique, la méditation du Coran, la lecture régulière de la sourate Al-Kahf, ainsi que le courage de la parole véridique, même lorsqu’elle dérange.
Pour conclure, il a exhorté les croyants à ne pas céder à la peur ni à la résignation, rappelant que la fitna commence toujours par l’habituation et le silence avant d’exiger davantage. Dans une prière finale, l’Imam a imploré la protection d’Allah sur les cœurs, les familles et les communautés, appelant à la lucidité avant l’épreuve et à la fermeté pendant l’épreuve.
Victorin Fassinou

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