Journée internationale de la femme 2024 : CeRADIS Ong plaide pour une meilleure efficacité des politiques publiques en matière de lutte contre les MGF (Elle remet une pétition de 118 signataires à la Présidente de l’INF)

Le Centre de Réflexion et d’Actions pour le Développement Intégré et la Solidarité (CeRADIS ONG) a marqué d’un sceau spécial, l’édition 2024 de la Journée internationale de la femme (JIF). En partenariat avec CUSO International et les Ongs Apem et Equi-filles, elle a mené une action de plaidoyer contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF). Dans ce cadre, elle a procédé à la remise d’une pétition de 118 signataires à la Présidente de l’Institut National de la Femme (INF). La cérémonie s’est déroulée le samedi 30 mars 2024 à l’Hôtel Casa Cielo de Cotonou.

En 2017, le Bénin avait été déclaré comme non à risques en matière de MGF. Quelques années après, le phénomène a réapparu. La pratique des Mutilations Génitales Féminines (MGF) continue au Bénin et affecte des milliers de filles et femmes des communautés. Malgré des efforts combinés du Gouvernement et des autorités locales pour lutter contre le phénomène, il se trouve qu’il subsiste encore des poches de résistance de la pratique. Cette action de plaidoyer qu’a menée le Centre de Réflexion et d’Actions pour le Développement Intégré et la Solidarité (CeRADIS-ONG) avec le soutien de ses partenaires CUSO International et les Ongs Apem et Equi-filles dans le cadre de la Journée internationale de la femme (JIF) édition 2024, entend contribuer à la mobilisation de la volonté politique et à l’obtention des engagements pour l’éradication des MGF au Bénin. La pétition signée de 118 personnes que CeRADIS Ong a remise à la présidente de l’Institut National de la Femme (INF), se veut une démarche de plaidoyer et se veut essentiellement un cri de cœur en vue d’exhorter le Gouvernement et l’ensemble de ses démembrements à se pencher favorablement sur la question et à prendre des mesures décisives allant dans le sens de l’éradication des MGF. Cette cérémonie de remise de pétition à la présidente de l’INF a connu, entre autres, un parterre de membres de la Société civile, des représentants du ministère des affaires sociales et de l’Observatoire de la famille, de la femme et de l’enfant (OFFE) et de la présidente de l’Institut National de la Femme (INF).
Dans son mot, le Directeur Exécutif de CeRADIS Ong, Nourou Adjibadé est revenu sur les raisons pour lesquelles l’Ong a voulu marquer d’un cachet spécial cette édition de la Journée Internationale de la Femme sur les mutilations génitales féminines. A l’entendre, CeRADIS considère les MGF un peu comme une maladie tropicale négligée parce que, justement, les MGF constituent une violation des droits de la femme et une violence basée sur le genre. Les MGF font partie des pratiques qui portent lourdement atteintes aux droits de la femme et sur lesquelles les acteurs associatifs et les acteurs institutionnels travaillent depuis déjà plusieurs années.
« Cette année, nous avons souhaité mettre davantage encore le focus sur cette pratique très néfastes et qui porte lourdement atteinte aux droits de la femme notamment au droit à la santé, au droit à son intégrité physique et morale et également à sa dignité….A travers cette mobilisation, nous voulons interpeler la conscience de la Communauté Nationale et par la même occasion, les gouvernants et les Honorables députés à se donner la main pour une élimination sans délai des MGF au Bénin », a souligné M. Adjibadé qui a témoigné la gratitude de l’Ong à l’INF et à sa présidente, à toute l’assistance témoin de la remise.
« Investir en faveur des femmes : accélérer le rythme ». Pour le Représentant-Pays de CUSO International, Landry Sabin Faton, ce thème de la JIF 2024 oblige à ne plus écrire des discours et qu’il faut agir. Et c’est, la raison pour laquelle, CUSO International a rapidement autorisé le financement de cette initiative de Ceradis de Equi- filles et Apem et les autres partenaires de CUSO pour la communication de la JIF à travers une pétition.
« … lancer une pétition pour que des centaines de personnes signent pour appeler le gouvernement, les organisations internationales à mieux agir en faveur de la lutte contre les mutilations génitales féminines, je pense qu’à mon sens que c’est une action qui va au-delà des discours. Le thème choisi par CeRADIS ONG « non aux mutilations génitales féminines » ne m’intéresse pas parce que CUSO International a eu à financer un projet pendant trois ans sur la thématique, mais m’intéresse parce qu’il s’agit des filles et les filles d’hier sont les femmes d’aujourd’hui. Les filles d’aujourd’hui seront les femmes dont nous allons célébrer la journée des femmes dans 15ans, c’est à dire les filles qui aujourd’hui sont en train d’être mutilées secrètement dans nos villages dans le nord Bénin. Il faut donc que nous accélérions le rythme pour les protéger », a ajouté M. Faton. Il a, pour finir, remercié, la présidente de l’INF qui a accepté recevoir cette pétition et qui a accepté recevoir des signatures des personnes qui interpellent le gouvernement les institutions.

L’engagement pour une alerte nationale

Avant de recevoir cette pétition, la présidente de l’INF Huguette Bokpè Gnacadja a reconnu la pertinence de cette activité de CeRADIS Ong. Elle a dit à quel point, elle a été honorée d’avoir été sollicitée pour porter cette responsabilité. Aussi, a-t-elle remercié CeRADIS Ong et ses partenaires pour avoir associé l’INF à ce combat contre les MGF. Les Mutilations génitales féminines, d’après elle, est une pratique qui viole les droits de la femme, met en danger la santé biologique de la femme et … tue leur santé mentale. « Les mutilations génitales sont socialement valorisées. Pour gagner progressivement cette bataille, il faut que les soutiens à cette valorisation soient de moins en moins nombreux. Il faut que cela diminue. Cela veut dire que nous devons poursuivre la sensibilisation pour pouvoir obtenir l’adhésion du plus grand nombre à la fin de valorisation de cette pratique », dira Mme Bokpè Gnacadja.
« Je voudrais vous dire que c’est avec un honneur, une conscience de la gravité de l’heure, une gratitude à l’endroit de vous qui vous battez qui avez gardé la vigilance par rapport à ce combat, une gratitude à votre endroit , aujourd’hui, je consens en toute humilité en toute prise de responsabilité à recevoir cette pétition et à la porter dans la sphère décisionnelle de notre pays au sein de l’INF, au niveau du MASM et aussi au niveau des autres ministères, toutes les femmes ministres mais je vais plus loin et je dis qu’il faut que j’en touche un mot au parlement pour que cela devienne une alerte nationale…Je prends l’engagement de le faire..», a promis Mme Bokpè Gnacadja qui a remercié tous pour la confiance placée en elle en la désignant comme quelqu’un à qui on peut faire un message et sur qui on peut avoir l’assurance qu’elle fera effectivement ce message.

Victorin FASSINOU

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